"Je me souviens" de la promo 1982
La promo 82 fête ses 20 ans le vendredi 7 juin prochain, à l'EA.
Sur le "site qui est consacré à l'événement":http://www.promo82.com, les AE de 1982 ont laissé quelques souvenirs.
*En voici une sélection...*
*Souvenirs du Petit Collège:*
- Je me souviens du départ à la retraite de Mlle Aeschimann, et de tous les enfants du petit collège assemblés solennellement autour des grilles du petit jardin, et de Mlle Aeschimann debout sur le perron de son bureau.
- Je me souviens des cours de poterie au sous-sol.
- Je me souviens des bâtiments préfabriqués des 8e et 7e.
- Je me souviens des projections chaque année de Crin-Blanc et du Ballon rouge, en salle de projection.
- Je me souviens que Germaine Tailleferre accompagnait au piano les cours de rythmique.
- Je me souviens de la grande mosaïque collective de la classe de 12e, représentant une roulotte de bohémiens. Les bohémiens étaient le thème de l’année.
- Je me souviens des alertes au feu, et de Mlle Philibert qui traversait les cours successives avec une sirène à roulette.
- Je me souviens que Mme Thomas (7e2) a été absente quasiment toute l’année, et qu’elle était remplacée par Dominique.
- Je me souviens de l’unique place assise sur la grille des canalisations de chauffage, juste à la sortie de la classe de 11e2, et de la course dès que sonnait la récré pour être la première à s’y asseoir afin de lire le Club des Cinq les fesses au chaud.
- Je me souviens que les visites médicales avaient lieu très loin, dans les profondeurs de l’école, et qu’on y accédait par un escalier austère et sombre derrière une porte fermée. Je me souviens de l’impression que j’avais de grimper, telle la Belle au bois dormant, dans le donjon de Carabosse.
- Je me souviens de la cutie annuelle, et du mauvais moment à passer, mais je ne sais plus si c’était vraiment désagréable, ou si c’était juste l’ambiance.
- Je me souviens des auditions de chant de M. Cogen, face à toute la classe.
- Je me souviens de « la boîte Hacquard-Hammel » qui a fait le tour de générations d’élèves.
- Je me souviens des récrés (probablement très allongées) au petit Luxembourg.
- Je me souviens de la peinture au chevalet dans la cour.
- Je me souviens de l’odeur de la papeterie à côté de l’école, rue d’Assas, et comme la papetière était désagréable.
- Je me souviens des survêtements bordeaux et des tee-shirts école alsacienne rouges et blancs.
- Je me souviens des petits tickets roses qui donnaient droit à un pain au chocolat pendant la récré de l’après-midi.
- Je me souviens des lavabos dans les couloirs du petit collège et des savons cylindriques pivotant sur un support vertical.
*Souvenirs du Grand Collège:*
- Je me souviens de M. Césari et des distances qu’on essayait toujours de maintenir avec lui…
- Je me souviens des cours de M. Lecerf, de ses gestes amples et de son ton passionné.
- Je me souviens des portes oranges et déglinguées des WC.
- Je me souviens des cours de grec avec M. Hamon, où les cinq élèves du cours s’asseyaient en cercle sur le rebord du bac à sable, au soleil, sous les fenêtres de Hacquard.
- Je me souviens de la représentation catastrophique que nous avons donnée, en salle de projection, de *Grand-peur et misère du troisième Reich* de Brecht (sous le bâton de M. Hamon, désespéré).
- Je me souviens des tours d’échauffement au stade.
- Je me souviens des tests d’orientation que toutes les 2ndes ont faits ensemble, et des entretiens individuels avec la psychologue.
- Je me souviens du premier contact avec la bibliothèque du grand collège, et comme j’ai été rassurée en découvrant qu’il y avait essentiellement des livres d’enfants.
- Je me souviens de la corde à nœud et de la corde lisse du gymnase, de tous ces instruments qui évoquaient la torture et dont on ne percevait pas bien l’utilité.
- Je me souviens du *Boléro* de Ravel pour 150 flûtes à bec, à Rome.
- Je me souviens des élèves en rang avant d’entrer en classe, dans la cour des 5e (devant le pavillon de Babinot).
- Je me souviens des premiers walk-mans.
- Je me souviens des glumufus de M. Gaulier, qui essayait de faire passer la notion d’unité en physique.
- Je me souviens des fiches de renseignements qu’à chaque rentrée, chaque prof nous faisait remplir, avec au petit collège la question « qu’est-ce que tu voudrais faire plus tard ? », qui a disparu au grand collège.
- Je me souviens de l’optimisme croissant, lorsqu’on attendait un prof qui n’arrivait pas au début de son cours ; de la joie quand on venait nous annoncer qu’il était absent pour de bon ; de la désillusion modérée quand il arrivait quand même, avec cette consolation « c’est toujours 10 minutes de gagnées ».
- Je me souviens des nuits blanches de Donjons et Dragons, et de l’impossibilité le lendemain matin d’oublier nos armures et nos quêtes pour se reconnecter sur le cours de math.
- Je me souviens de a à z de la méthode audiovisuelle d’anglais en 6e et 5e : « Unit one, part one. Harry’s visit… »
- Je me souviens qu’on devait écrire notre journal (intime) sur la page de droite du cahier de texte, et que c’était inspecté par les profs. Et je me souviens que ça m’emmerdait profondément.
- Je me souviens de Mme Philippe, en math, effarée à l’idée de faire un rétablissement pour sortir sur le toit en cas d’incendie.
- Je me souviens des dissections de souris en sciences-nat, et du jeu qui consistait à récupérer les peaux pour faire des descentes de lit en miniature.
- Je me souviens des grandes messes de rentrée dans le gymnase, avec M. Hacquard (ou M. Hammel) qui faisait un discours, avec tous les élèves assis par terre, et avec l’excitation de savoir dans quelle classe on allait être et qui étaient les nouveaux.
- Je me souviens des salopettes osh-kosh, des tee-shirts (blancs) fruit of the loom, des besaces et des surplus américains.
- Je me souviens du macramé que Mme Lecaisne nous faisait faire en cours de dessin, et de ma perplexité : quel rapport avec le dessin ?
- Je me souviens du voyage d’échange à Manchester, et de l’annonce, très solennelle et très dramatique, que nous avait faite la headmistress Mrs Thompson pour nous apprendre avec ménagement la mort de Claude François : elle s’attendait à des larmes, des évanouissements, des crises de tétanie...
- Je me souviens du « qui aime bien châtie bien » de Hamon, qui ne mettait jamais sa maxime à exécution.
- Je me souviens de Mlle Tramond, de sa culture immense, de ses voyages. Et aussi de sa surdité, ce qui faisait parfois surgir Babinot au milieu du cours, cherchant à nous prendre en flagrant délit de chahut.
- Je me souviens de l’installation du lino orange dans l’escalier du pavillon des 5e, et des débats d’opinion écolos de l’époque : pour ou contre le bruit ? pour ou contre les sabots en bois ?…
- Je me souviens de la salle de perm, où les élèves en rupture de prof allaient passer leur heure de cours, et où avaient aussi lieu les (très rares) retenues.
- Je me souviens de la corrida pour signer et faire signer toutes les photos de classe, et des textes parfois logorrhéiques qui naissaient de la nécessité de remplir absolument tout le blanc.

