Mort du "Mandarin aux pieds nus"
Alexandre Minkowski nous a quittés le 7 mai 2004.
Notre camarade Alexandre Minkowski (AE 1932) est décédé le 7 mai 2004 dans sa 88è année.
Le Bureau de l'AAEEA adresse à sa famille son fidèle souvenir et ses sincères condoléances.
Une cérémonie d'adieu aura lieu le mercredi 12 mai à 10h, dans la cour d'honneur des Invalides.
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Lu dans Libération du 10 mai (par Sandrine CABUT) |
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Pionnier de la médecine néonatale, rebelle engagé dans la politique et les causes humanitaires, le professeur Alexandre Minkowski est mort vendredi à Paris, à l'âge de 88 ans. Le président Jacques Chirac a salué l'«immense médecin», «une des consciences du XXe siècle», l'«homme d'action qui fut de tous les combats qui honorent l'humanité». Dans les années 50, révolté par le retard français dans le domaine de la prématurité, le jeune pédiatre et chercheur se bat bec et ongles, y compris contre ses pairs, pour obtenir de l'Etat les moyens nécessaires à la prise en charge des enfants nés avant terme. Réanimation. Père du premier service de néonatologie, discipline qu'il enseigne à partir de 1961 à Cochin, Minkowski sera de toutes les luttes concernant les femmes et les enfants. Celle de la prévention de la prématurité. Celle, tout aussi novatrice mais plus épineuse, des limites de la réanimation néonatale, où il se déclare opposé à l'acharnement thérapeutique. «Ce n'était pas une attitude de mandarin, il tenait à faire participer à ce débat la société et les parents», souligne René Frydman, gynéco-obstétricien à l'hôpital Antoine-Béclère (Clamart), saluant le bouleversement des mentalités qu'a opéré Minkowski, y compris chez les professionnels. Il militera aussi «à contrecoeur» pour la légalisation de l'avortement, la jugeant «préférable aux horreurs du clandestin». Et c'est dans le même esprit qu'il applaudira la décision de l'Etat, en 1988, de forcer le laboratoire Roussel-Uclaf à distribuer la pilule abortive RU 486 ; et refusera la stigmatisation des mères porteuses, appelant «à faire confiance» aux femmes, dans «ce domaine comme dans celui du non-désir d'enfant». «Impertinent», «mandarin aux pieds nus», selon le titre de quelques-uns de ses ouvrages, Minkowski s'est aussi insurgé contre les inégalités dans l'accès aux soins ; contre la médecine toute-puissante qui recrute ses étudiants selon leurs résultats en mathématiques mais ne leur inculque pas le respect des malades... [...] |
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