Rock et photos
Barbara Neyman (AE 91) annonce sa prochaine exposition de photos, sur le thème du Rock.
Biographie de Barbara :
Barbara Neyman est de ces artistes dont la sensibilité dépasse le medium pour mieux imprégner la notre.Qu’elle ait choisi la photographie comme outil d’expression semble naturel lorsque l’on connaît tant soit peu son riche univers intérieur.
En effet, ses photographies, telles des paroles non prononcées, nous montrent combien le monde qui l’entoure, vivant ou inanimé, dégage une aura, une histoire autre, qu’elle est à même de capter grâce à son appareil photo.
Photosensibilité – sensibilité photo, Barbara Neyman se montre peu. On la sait discrète mais on la respecte, car chez elle la discrétion ne va pas de pair avec un effacement forcé. Son regard aiguisé sur la vie et les hommes se fait jour dans son travail et révèle alors une grande force d’expression plastique, aussi bien dans une nature morte que dans un portrait.
Car sa force est bien là: Barbara Neyman sait donner cette petite flamme à une image pour lui insufler la vie. Roland Barthes dirait qu’elle donne un punctum à chaque photographie qu’elle prend.
Habillant souvent ses natures mortes d’ombres ou de flous mystérieux, Barbara Neyman ose donner dans la poésie, offrant à de banals objets une âme qui les sublime et les élève au rang d’objet d’art.
Pour ses portraits, dont la plupart sont ceux de chanteurs français, son autre passion, elle joue aussi avec ces “petits riens” qui feront qu’ils sont uniques. Un travail là encore d’une très grande sensibilité, mais qui n’hésite pas à être franc: hors-cadre, flou, ombre, elle est maîtresse de sa photo. Qu’importent les critiques émanant d’esprits trop étriqués pour comprendre que cette énergie est avant tout une force créatrice qui ne saurait obéir à de bas critères purement techniques, parfois même archaïques au vu de l’évolution de l’histoire de l’art.
Heureusement, beaucoup ne s’y sont pas trompés, et les collaborations artistiques ne tardent pas à affluer lorsqu’elle commence à travailler, il y a plus de dix ans déjà. Elle commencera par couvrir le Festival de Dour, en Belgique, puis enchaînera avec les groupes Black Maria, qui lui offrent sa première publication, No Man’s Land ou plus récemment Cox dont elle couvrira la tournée. Nombreux sont les livrets d’albums de ces groupes où l’on peut trouver ses photographies.
Et puis, il y a Noir Désir, à qui Barbara Neyman voue une véritable passion qui la motivera tout au long de sa carrière. D’ailleurs, leur travail, bien qu’était différent certes, montre tout de même une sensibilité commune, utilisant alternativement la manière forte ou douce afin de faire passer des émotions contradictoires.
Reconnaissance professionnelle et plaisir personnel, elle réalisera pour eux les photographies de l’album Dies Irae sorti en 1994 et couvrira bon nombre de leurs concerts en France et en Europe.
Bien-sûr, ses liens avec le monde de la musique s’étendent au-delà de Noir Désir, et elle a fait le portrait des plus grands chanteurs de rock français d’aujourd’hui, tels que Miossec, Hubert-Félix Thiéfaine, les Rita Mitsouko, Indochine, les Innocents et d’autres encore.
Elle travaille actuellement sur de nouveaux portraits qui, ajoutés à son travaux précédents, feront l’objet d’un livre que l’on pourra considerer comme un témoin de notre époque musicale, si riche et si sensible, comme le sont les photographies de Barbara Neyman.
Le travail de Barbara Neyman se trouve à la croisée de plusieurs chemins, comme le montre cette exposition à l’espace Saint Michel où l’on peut retrouver aussi bien des photos de scène, captations d’émotions et d’instants uniques, que des prises de vues en studio, plus proches d’une recherche esthétique personnelle. Son vocabulaire chromatique lui permet de bien différencier ces deux aspects, utilisant ici la couleur pour le live, et le noir & blanc pour le studio.
Parmi les artistes qu’elle a photographiés, des figures majeures de la scène musicale française et internationale, dont Placebo, Noir désir, Weezer, Yann Tiersen, Beck.
Daniel ALFREDO

